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Kenya: 6 zones livrées aux gangs criminels

La police kényane est débordée par les gangs criminels dans six zones du Nord du pays, laissant des milliers de familles déplacées et des écoles fermées dans leur sillage.

La région du Nord du Kenya, autrefois connue pour sa diversité culturelle et ses paysages majestueux, est aujourd’hui un champ de bataille où les gangs criminels imposent leur loi. Une enquête récente menée par le Comité parlementaire sur l’administration et la sécurité nationale a mis en lumière l’ampleur de la crise sécuritaire dans cette région, révélant des défis profondément enracinés et des réponses gouvernementales qui peinent à apporter des solutions durables.

Une présence policière insuffisante

Selon le rapport publié le 13 août, les six zones du Nord du Kenya les plus touchées par le banditisme sont surveillées par seulement 43 policiers. Ces agents, bien en deçà du nombre nécessaire, sont également mal équipés pour affronter des groupes armés lourdement équipés et bien organisés. L’insuffisance des infrastructures, notamment des réseaux de communication et des routes, complique davantage leur mission. De plus, les dynamiques politiques locales, souvent complexes et conflictuelles, rendent l’application de la loi encore plus difficile.

Malgré les efforts pour renforcer la sécurité dans la région, les forces de l’ordre se heurtent à un environnement extrêmement difficile. Les gangs criminels, motivés par la prise de contrôle des ressources naturelles et des terres, trouvent refuge dans des zones inaccessibles, telles que les montagnes et les forêts, d’où ils orchestrent leurs attaques.

Une réponse gouvernementale sous pression

Face à l’escalade de la violence, le gouvernement du Kenya, sous la direction du président William Ruto, a intensifié ses efforts pour rétablir l’ordre dans le Nord. Depuis son élection en 2022, le président Ruto a fait de la lutte contre le banditisme une priorité, déployant des forces spéciales pour soutenir les opérations en cours.

Le ministre de l’Intérieur, Kithure Kindiki, a personnellement supervisé ces efforts, effectuant plusieurs visites dans les zones touchées pour évaluer la situation sur le terrain. En mars 2024, lors d’une intervention au camp de la GSU à Elgeyo Marakwet, Kindiki a comparé les bandits à des terroristes, soulignant la gravité de la menace et la détermination du gouvernement à l’éradiquer. Malgré ces déclarations fermes, les résultats sur le terrain restent mitigés.

Un problème persistant et complexe

Les groupes criminels qui opèrent dans le Nord du Kenya sont principalement composés de bergers, souvent peu instruits, qui, en raison de leur marginalisation économique, se tournent vers des activités illégales pour survivre. Ces gangs ne se contentent pas de voler du bétail ; ils s’attaquent également aux forces de l’ordre et aux civils, semant la mort et la destruction sur leur passage.

Le rapport parlementaire souligne également l’impact dévastateur de cette insécurité sur la population locale. Des milliers de familles ont été déplacées par les opérations militaires, beaucoup se retrouvant sans abri et vivant dans des conditions précaires. L’accès à l’éducation a également été gravement perturbé, de nombreuses écoles ayant été fermées en raison de la violence.

Des solutions à long terme nécessaires

L’enquête parlementaire insiste sur l’urgence de mettre en place des mesures globales pour traiter les causes profondes de l’insécurité dans le Nord du Kenya. Les conflits dans cette région sont alimentés par des disputes liées aux ressources, des tensions politiques, et des rivalités intercommunautaires. Pour remédier à cette situation, une approche multidimensionnelle est nécessaire, combinant des efforts de sécurité renforcés avec des initiatives de développement socio-économique.

La création d’infrastructures telles que des écoles, des postes de police et des bureaux administratifs dans les zones touchées est cruciale pour rétablir un semblant de normalité. De même, une meilleure intégration des communautés locales dans le processus de paix et de réconciliation pourrait contribuer à apaiser les tensions et à réduire la violence.

En conclusion, la crise sécuritaire dans le Nord du Kenya est un problème complexe qui nécessite des solutions audacieuses et soutenues. Cette région, autrefois symbole de diversité et de richesse culturelle, ne pourra retrouver la paix qu’à travers une action concertée et inclusive.

PDF: Report of the Administration and Internal Security Committee on the Inquiry into the State of six Counties

Constant Haïti

Constant Haïti est un journal en ligne enregistré au Ministère du Commerce et de l'Industrie. Ce journal évolue depuis janvier 2016. « Nous jurons que vous pouvez faire confiance à nos informations ».

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