Youri Latortue avance un obstacle fondamental empêchant une solution haïtienne à la crise

« La communauté internationale doit adopter une position, elle doit faciliter le consensus. Il ne doit pas y avoir des interdits, aucun sujet tabou. L’international a une position en faveur de l’actuel gouvernement », a argumenté Youri Latortue, pour expliquer le plus grand obstacle à l’aboutissement d’une solution haïtienne à la crise, le jeudi 13 octobre 2022 lors d’une interview.
L’ancien sénateur de l’Artibonite poursuit en admettant le rôle de la communauté internationale dans la politique haïtienne. Certains disent, rapporte-t-il, que la communauté internationale est le plus grand parti politique haïtien. La solution haïtienne doit refléter la position populaire, affirme le dirigeant du parti, « Ayiti An Aksyon ».
Si nous parlons d’une solution haïtienne, une personne ne doit pas être imposée au poste de Premier ministre, on ne doit pas exiger de garder des membres du gouvernement actuel, analyse l’ancien président du Sénat. Il est plus facile, continue-t-il, de discuter librement contrairement quand l’international a une position favorable à un groupe particulier. « L’actuel gouvernement est décrié, les autorités ne peuvent même pas répondre aux exigences sociales et économiques pourtant des ministres sont exigés d’être gardés en poste », insiste l’ex-parlementaire.
En commentant la décision prise par l’administration Biden de faire une restriction de visas à l’encontre de plus d’une dizaine de personnalités politiques et économiques haïtiennes, l’ancien conseiller de l’ex-président Joseph Michel Martelly laisse entendre, « depuis 2006, je suis ex-sénateur de la République, je suis une personne institutionnelle, je suis un ancien officier de l’armée. Mes positions vont toujours envers et contre tous. Renforcer la police et l’armée, c’est mon discours. Dans tout ce qui ne vise pas à renforcer les institutions Républicaines, vous ne m’y trouverez pas ».
Youri Latortue continue de faire éloge pour son plan de sécurité prévoyant cinq (5) grandes phases d’opération. Il jure qu’avec les matériels commandés au Canada, la chasse aux bandits armés pourra être engagée avec les onze mille policiers actifs de la PNH.
Evens CARRIÈRE, Journaliste

