Actu internationales

L’Amérique n’est pas une propriété privée : Claudia Sheinbaum défie Trump et enterre la doctrine de Monroe

Par Reynoldson Mompoint

Port-au-Prince, le 07 janvier 2026

Il fallait une phrase courte, nette, presque pédagogique, pour fissurer l’arrogance impériale redevenue doctrine officielle à Washington. Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique, n’a pas fait de discours fleuve. Elle a lâché une vérité simple, brutale, universelle : « L’Amérique n’appartient à aucune doctrine ni à aucune puissance… Le continent américain appartient aux peuples de chacun des pays qui le forment. »

En quelques mots, la présidente mexicaine a renvoyé Donald Trump à ce que l’histoire des États-Unis a toujours tenté de maquiller : la doctrine de Monroe n’est pas une loi naturelle, c’est un projet de domination. Et aujourd’hui encore, elle ressurgit sous une forme plus crue, plus décomplexée, plus dangereuse.

Trump, la menace comme mode de gouvernance

Depuis son retour au centre du jeu politique, Donald Trump ne gouverne pas par le droit, mais par l’intimidation. Menaces à peine voilées, avertissements militaires, sanctions économiques brandies comme des armes, discours paternalistes sur les « mauvais élèves » du continent : le Mexique, Cuba, la Colombie, le Vénézuela, demain peut-être d’autres.

Trump ne parle pas à des États souverains, il parle à des territoires qu’il considère encore comme une barrière-cour. Il ne négocie pas, il avertit. Il ne respecte pas, il ordonne. Et dans cette logique, le Mexique n’est pas un partenaire : c’est un voisin à discipliner.

Sheinbaum, une rupture dans le langage latino-américain

La déclaration de Claudia Sheinbaum n’est pas anodine. Elle marque une rupture. Là où beaucoup de dirigeants latino-américains choisissent encore le silence prudent ou la diplomatie molle, la présidente mexicaine assume un discours de souveraineté frontale.

Elle ne s’adresse pas seulement à Trump. Elle parle à l’histoire. Elle parle aux peuples d’Amérique latine, trop souvent contraints de courber l’échine face aux pressions économiques, militaires ou politiques venues du Nord. Elle rappelle une évidence que l’ONU, pourtant créée pour cela, n’ose plus défendre avec vigueur : aucun pays n’est la propriété d’un autre.

La doctrine de Monroe : un cadavre qui marche

Depuis 1823, la doctrine de Monroe a servi de justification morale à toutes les ingérences américaines : coups d’État, blocus, interventions militaires, manipulations électorales. Elle s’est modernisée, maquillée en lutte contre le communisme, puis contre le terrorisme, puis contre la drogue, aujourd’hui contre l’“instabilité”.

Mais le fond reste le même : décider à la place des peuples. Sheinbaum, en une phrase, a retiré à cette doctrine ce qui lui restait de légitimité symbolique. Elle l’a ramenée à ce qu’elle est réellement : un vestige colonial.

Et Haïti dans tout cela ?

Haïti écoute. Haïti observe. Haïti sait trop bien ce que coûte le mépris de souveraineté. Occupations militaires, tutelles déguisées, décisions prises ailleurs au nom de la “stabilité”.

Quand Sheinbaum affirme que l’Amérique appartient à ses peuples, elle parle aussi pour Haïti, même si Haïti n’a plus, pour l’instant, de voix forte pour le dire.

Une phrase, un précédent

Il arrive rarement qu’une phrase devienne un acte politique. Celle de Claudia Sheinbaum en est un. Elle n’a pas seulement répondu à Trump. Elle a posé un précédent. Elle a rappelé que l’Amérique n’est pas un empire, mais un continent pluriel, rebelle, souverain.

Reste maintenant à voir si d’autres dirigeants auront le courage de reprendre cette vérité à leur compte. Car face à un empire qui menace, le silence est une complicité.

Et la dignité, elle, commence toujours par une parole assumée.

Reynoldson MOMPOINT

mompointreynoldson@gmail.com

WhatsApp +509 37186284

Adblock détecté

Soutenez Constant Haïti en autorisant les publicités ! Chers lecteurs, Les publicités que nous diffusons nous permettent de continuer à vous offrir des informations de qualité, gratuitement. En désactivant votre bloqueur de publicités pour Constant Haïti, vous nous aidez à maintenir notre site en ligne et à produire des contenus indépendants qui vous tiennent informés. Nous faisons en sorte que les publicités restent discrètes et non intrusives. Merci pour votre soutien !