Opinion

Haïti : Les Directeurs Généraux des organes autonomes : les pillageurs institutionnels de la caisse publique

Par Reynoldson Mompoint

Port-au-Prince, le 27 novembre 2025

AGD, OAVCT, BMPAD, PNCS, FAES, FNE, ONA, OFATMA, DIE, ONM, DGI, AAN, APN… Un empire de prédation officiellement toléré.

Dans un pays normal, les institutions autonomes seraient les reins et les poumons de l’État : des structures robustes, protectrices, gardiennes de l’intérêt collectif. En Haïti, elles sont devenues des greniers percés, des coffres à ciel ouvert, des chapelles de pillards en cravate. La République, déjà à genoux, voit ses organes autonomes et déconcentrés transformés en distributeurs automatiques pour Directeurs Généraux audacieux, gouvernements complices et réseaux politico-affairistes voraces.

AGD : la douane qui dédouane… l’impunité

À l’Administration Générale des Douanes, on ne lève plus la barrière pour faire entrer des marchandises, mais pour laisser sortir l’argent de la nation. Chaque DG arrive avec son clan, son réseau, sa faim. La douane — pierre angulaire de la souveraineté économique — est devenue un syndicat de privilèges où le directeur général règne comme un préfet colonial. Les chiffres disparaissent, les stocks s’évaporent, les exonérations se distribuent comme des bonbons à la foire.
Le Trésor public se vide, les Directeurs s’enrichissent, et le pays s’effondre.

ONA, OFATMA, OAVCT : les trois cavaliers de la dilapidation sociale

Les institutions censées protéger les travailleurs et citoyens sont devenues des entreprises de racketteurs institutionnels.

ONA : Une caisse de retraite transformée en banque privée au service de DG qui se prennent pour des banquiers ivoiriens des années 1990.

OFATMA : Une assurance maladie qui garantit tout, sauf la santé du peuple.

OAVCT : L’autorité de vérification technique devenue machine à cash politique ; les inspections s’achètent, les fonds disparaissent, les véhicules roulent sans contrôle… comme le pays.

Le citoyen cotise.
Le DG capitalise.
Le pays agonise.

FAES, FNE, PNCS : la misère comme commerce officiel

Ces structures, créées pour atténuer la pauvreté, sont devenues des mines d’or pour les Directeurs en veston. Le FAES distribue la misère à coup de projets fantômes. Le FNE fait de l’éducation une vache à lait politique. Le PNCS, qui aurait dû nourrir les enfants, nourrit surtout les comptes bancaires de ceux qui signent les contrats.

Ainsi va Haïti : l’État social réduit à un supermarché d’opportunités pour les “nommés politiques”.

BMPAD, DGI, AAN, APN : les coffres-forts officiels du pouvoir

Ces institutions sont les véritables tours de contrôle du pouvoir économique en Haïti.

BMPAD gère le carburant comme un cartel.

DGI collecte les taxes pour les redistribuer au bénéfice des puissants.

AAN et APN contrôlent les ports et aéroports : les portes d’entrée et de sortie du pays… et de l’argent sale.

Dans ce pays, celui qui contrôle un port ne contrôle pas seulement les marchandises : il contrôle le pouvoir.

Haïti : pays où la nomination vaut plus que l’élection

Chaque nomination de DG est un investissement politique.
Chaque institution autonome est un butin. Chaque Directeur Général est un généraliste du pillage public, un stratège de la prédation tranquille, un artisan de l’effondrement quotidien.

Le peuple ? Il observe, impuissant, coûte que coûte, pendant que les Directeurs gèrent les institutions comme des propriétés privées et que l’État devient un simple logo imprimé sur des lettres de créance.

Tant que ces Directeurs sont intouchables, l’État restera inaccessible

La crise haïtienne n’est pas seulement politique. Elle est administrative. Elle est institutionnelle. Elle est systémique. Et elle porte des noms, des signatures, des titres : Directeur Général.

Haïti ne se relèvera pas tant que ceux qui devraient protéger les caisses publiques les considèrent comme des coffres personnels.

Il faut une révolution administrative. Un nettoyage chirurgical. Une refonte totale des nominations, des contrôles, des audits, et surtout des sanctions.

Mais qui, dans ce pays, a le courage d’arrêter un DG ?
Qui a l’audace de fermer les robinets ? Qui ose affronter les réseaux politiques, économiques, mafieux qui protègent ces hommes et femmes de pouvoir ?

Haïti attend encore son premier vrai Directeur Général : celui qui dirige, qui sert, qui protège, et non celui qui pille, qui siphonne, qui détruit.

Reynoldson Mompoint

mompointreynoldson@gmail.com

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