Jean-Charles Moïse accusé par l’ONU de contrôler le commerce des anguilles
Un important chapitre du rapport des experts de l’ONU concerne Jean-Charles Moïse et le commerce des anguilles. Les experts affirment que l’ancien sénateur du Nord exerce une forte influence sur ce secteur et l’accusent d’être au centre d’un réseau de commerce illégal.
Selon le rapport, Jean-Charles Moïse, ancien candidat à la présidence et secrétaire général de Pitit Dessalines, aurait une influence importante sur toute la chaîne du commerce des anguilles, depuis leur collecte jusqu’à leur exportation. Les experts affirment notamment que son réseau aurait une influence sur les personnes chargées de délivrer les permis d’exportation et sur certains agents des douanes.
Le rapport accuse également Jean-Charles Moïse d’avoir fait pression sur certains agents des douanes afin de faciliter des opérations de fraude fiscale. Selon les experts, des agents qui refusaient de répondre à ses demandes auraient subi des représailles, notamment des mutations.
Les experts de l’ONU affirment aussi que Jean-Charles Moïse dirigeait un réseau qui aurait permis de faire sortir des anguilles d’Haïti par des moyens illégaux. Pour la saison 2024-2025, le rapport décrit un système impliquant des fournisseurs haïtiens, des douaniers et des propriétaires d’embarcations en République dominicaine.
Selon plusieurs sources citées dans le rapport, le réseau aurait continué ses activités malgré les difficultés liées à l’arrêt de certains vols entre Port-au-Prince et les États-Unis. Les anguilles auraient alors été transportées vers la République dominicaine par d’autres moyens avant d’être exportées.
Les experts indiquent également avoir enquêté sur plusieurs affaires d’exportation illégale d’anguilles en 2024. Ils affirment que ces affaires présentaient le même mode de fonctionnement et qu’elles étaient liées au réseau attribué à Jean-Charles Moïse.
Le rapport souligne l’importance financière de ce commerce. Un kilogramme de jeunes anguilles peut se vendre entre 3 000 et 5 000 dollars sur le marché international, alors que les pêcheurs haïtiens les vendraient entre 0,34 et 1,70 dollar le kilogramme.
Les experts de l’ONU précisent que Jean-Charles Moïse n’a pas répondu aux accusations présentées dans le rapport.
