Dossier Cassis : le RHAJAC réclame une enquête approfondie sur un présumé réseau de contrebande

Port-au-Prince, 21 août 2026 – Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) a appelé les autorités judiciaires et douanières à approfondir leurs investigations après la perquisition menée le 20 août 2026 au domicile de Gérard Cassis par des agents de l’Administration générale des douanes (AGD), accompagnés d’enquêteurs de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).
Dans une note de presse publiée ce vendredi, le RHAJAC affirme que cette intervention fait suite à une enquête de l’organisation portant sur un présumé réseau de contrebande reliant les États-Unis, la République dominicaine et Haïti. Selon le réseau, des conteneurs auraient traversé la frontière, notamment par Malpasse et Fonds-Parisien, sans inspection régulière ni paiement normal des taxes. Certains de ces conteneurs sont également soupçonnés d’avoir transporté des armes, des munitions et d’autres marchandises introduites illégalement dans le pays.
Le RHAJAC cite plusieurs personnes dans le cadre de son enquête, notamment Gérard Cassis, Junior Cassis, Steeve Handal, Rogelio Alberto Reyes Guerrero et un homme identifié sous le nom de Jourdain. Les entreprises Premium Foods, Cassis Frères S.A. et EBC Custom Agent, SRL sont également mentionnées dans la note de presse.
L’organisation demande à la DCPJ et à l’Administration générale des douanes d’identifier les conteneurs concernés, d’en vérifier le contenu et d’établir les responsabilités éventuelles. Elle invite également les ambassades des États-Unis et de la République dominicaine en Haïti à transmettre les informations aux autorités compétentes de leurs pays respectifs afin que des enquêtes soient également menées sur les opérations présumées réalisées sur leurs territoires.
Le RHAJAC évoque par ailleurs une possible intervention politique dans cette affaire. Selon les informations qu’il dit avoir recueillies, Gérard Cassis aurait utilisé son influence auprès du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, présenté comme son cousin, afin d’obtenir une protection politique. À ce stade, cette allégation n’a pas été confirmée par les autorités compétentes.
Dans sa note, le réseau estime que ce système présumé de contrebande, qui reposerait sur une collaboration avec des gangs armés, porterait atteinte aux entreprises respectueuses de la loi, priverait l’État de recettes fiscales et contribuerait à la dégradation du climat économique en Haïti.
Le RHAJAC réitère sa demande pour la tenue d’une enquête indépendante, transparente et exempte de toute ingérence politique. L’organisation rappelle également que toutes les personnes et entreprises citées dans ce dossier bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à ce que les faits soient établis par la justice.
