Tony Mix : Thony Mahotière, le DJ célébré… et l’homme publiquement désavoué

Par Reynoldson Mompoint
Port-au-Prince, le 11 Janvier 2026
Cette fois, il ne s’agit plus de rumeurs de coulisses ni de murmures de soirées enfumées. C’est une parole frontale, écrite noir sur blanc, publiée sur Instagram par Babysland elle-même. Une parole qui tranche, accuse, et ferme définitivement un cycle.
Après 17 ans de vie commune, elle annonce qu’elle s’en va. Pas dans l’émotion, pas dans l’impulsivité. Mais dans la lucidité froide de celle qui a trop supporté.
Derrière le nom d’artiste Tony Mix, figure centrale de la nuit haïtienne, se trouve Thony Mahotière, un homme dont la trajectoire artistique fulgurante contraste violemment avec le portrait intime que dresse aujourd’hui celle qui a partagé sa vie pendant près de deux décennies.
Tony Mix, DJ star, faiseur d’ambiance, roi autoproclamé des platines, a bâti sa notoriété sur l’excès, la provocation et une masculinité triomphante souvent applaudie dans l’industrie musicale haïtienne. Mais pendant que les projecteurs illuminaient la scène, l’arrière-scène, elle, s’assombrissait.
Dans son message, Babysland ne laisse aucune place à l’interprétation : irrespect, humiliations, infidélités répétées, comportements inacceptables, vécus aussi bien en privé qu’en public. Elle parle de nuits de larmes, de dignité piétinée, de réputation salie par des mensonges et des narratifs fabriqués à partir des actes de Thony Mahotière, puis amplifiés par une foule prompte à juger sans savoir.
Ce témoignage vient fissurer l’image lisse du DJ adulé. Il met en lumière ce que l’industrie préfère souvent ignorer : la banalisation des mauvaises pratiques féminines, l’arrogance masculine érigée en norme, et la protection tacite accordée aux figures populaires, même lorsque leurs comportements détruisent ceux qui les entourent.
Babysland ne réclame ni vengeance ni débat public. Elle impose une frontière. Elle refuse les opinions, les curiosités malsaines, les tribunaux de réseaux sociaux. Elle parle pour se libérer, pas pour divertir. Et surtout, elle recentre tout sur l’essentiel : son fils.
À Thony Mahotière, elle adresse une phrase qui sonne comme une condamnation morale plus lourde que n’importe quel scandale médiatique : l’espoir qu’il devienne un jour un homme que leur fils pourra respecter, un modèle d’intégrité, de responsabilité et de respect. Un homme qu’il n’a manifestement pas su être jusque-là. À son fils, elle promet l’amour, la stabilité, et surtout une autre transmission des valeurs. Une rupture assumée avec un héritage masculin défaillant.
Quant aux femmes qui ont participé, selon elle, à cette humiliation répétée, Babysland refuse la rivalité. Elle ne s’abaisse pas. Elle ne négocie pas sa dignité.
Cette séparation dépasse donc largement le cadre d’un couple. Elle agit comme un miroir tendu à toute une industrie musicale haïtienne qui continue de célébrer le talent tout en fermant les yeux sur la violence symbolique et émotionnelle infligée aux femmes.
Tony Mix continuera de mixer. Thony Mahotière, lui, est désormais publiquement exposé à ce que la musique ne peut couvrir : la vérité d’une femme qui s’est relevée.
Et parfois, dans une société bruyante, le geste le plus subversif reste de partir en silence… après avoir tout dit.
Reynoldson Mompoint, Avocat, Communicateur Social, Journaliste
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