Opinion

Emmanuel Vertilaire : portrait d’un tyran minuscule dans un État à genoux

Par Reynoldson Mompoint

Port-au-Prince, le 29 décembre 2025

Ce pays ne s’effondre pas par hasard. Il est méthodiquement piétiné par des hommes minuscules investis d’un pouvoir qu’ils ne méritent pas. Emmanuel Vertilaire n’est pas un dirigeant : c’est un tyran vexé, un autocrate de pacotille, un inculpé qui se croit intouchable parce que l’État haïtien n’a plus de colonne vertébrale.

Parce que son épouse et ses enfants n’ont pas été logés dans un hôtel cinq étoiles lors d’une visite strictement privée en République dominicaine, n’ont pas reçu de l’argent pour faire du shopping, Vertilaire aurait exigé la révocation du consul général d’Haïti à Santiago. Et l’ordre a été exécuté. Sans débat. Sans honte. Sans résistance. Comme on obéit à un maître en colère.

Emmanuel Vertilaire : portrait d’un tyran minuscule dans un État à genoux

Nous ne sommes plus dans l’abus de pouvoir, nous sommes dans la sauvagerie institutionnelle. Un homme inculpé pour corruption utilise la machine diplomatique de l’État pour régler une frustration domestique. Et des fonctionnaires serviles s’empressent de signer, transformant l’administration publique en paillasson officiel.

Le plus grave n’est même pas Vertilaire. Le plus grave, c’est le silence obéissant autour de lui. Le ministre de facto Jean Harvel Jean-Baptiste n’a pas gouverné : il a rampé. Il n’a pas exercé une autorité : il a légalisé un caprice. Par sa signature, il a officialisé la soumission de l’État à un ego inculpé.

Voilà donc où en est Haïti : un consul jeté comme un chien pour une chambre d’hôtel jugée insuffisamment luxueuse, pour ne pas donner de l’argent pour faire du shopping, pendant que le pays saigne, que les territoires s’effondrent, que la population meurt sous les balles et la misère. Pendant que le peuple n’a même plus un toit sûr, des conseillers exigent des étoiles.

Ce pouvoir de facto n’est pas faible : il est indigne. Il ne gouverne pas par vision, mais par vengeance. Il ne dirige pas un pays, il gère ses frustrations. Ce sont des hommes qui n’ont jamais appris la modestie parce qu’ils n’ont jamais connu la grandeur.

Vertilaire incarne ce que ce régime produit de plus dangereux : l’alliance de l’impunité, de l’arrogance et de la petitesse morale. Ce n’est pas un scandale diplomatique. Ce n’est pas un dérapage. C’est une méthode. Une gouvernance par humiliation. Une dictature sans charisme, mais avec des dégâts réels.

Haïti n’est pas gouvernée.
Elle est prise en otage par des hommes qui confondent l’État avec leur colère.

Reynoldson MOMPOINT

mompointreynoldson@gmail.com

+50937186284

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