Opinion

Les Dérives de l’Ingérence : Quand l’International Tire les fils, que l’Élite Économique Récolte les Dividendes,et que Fritz Alphonse Jean — Esclave Volontaire Devenu Conseiller — Parle Enfin de sa Propre Chaîne

Par Reynoldson Mompoint

Port-au-Prince, le 05 décembre 2025

Il y a des vérités qui se disent avec une innocence si parfaite qu’elles se transforment aussitôt en aveux. Quand Fritz Alphonse Jean confie à Roudy Sanon que les élites politiques haïtiennes sont devenues des “esklav volontè” de la communauté internationale, il ne fait pas une analyse : il s’accuse. À demi-mot. À découvert. Sans s’en rendre compte.

Parce que s’il y a bien une figure politique qui symbolise cette soumission organisée, c’est lui. Pas en théorie. En pratique. En signature.

L’ingérence internationale : le théâtre… et les acteurs volontaires

Depuis qu’Haïti s’est transformée en parc diplomatique à ciel ouvert, les ambassadeurs ne se contentent plus d’observer : ils gouvernent. Et les politiciens ne résistent plus : ils coopèrent. Mais Fritz Alphonse Jean va plus loin : il reconnaît publiquement l’existence de la chaîne… qu’il a lui-même portée.

Car qui avait accepté, presque avec dévotion, sa nomination comme président du CPT, sinon Fritz Alphonse Jean lui-même, consacré par la bénédiction conjointe de Washington, Ottawa et Paris ? Qui a fait silence quand son nom circulait dans les salons étrangers avant même de trouver légitimité dans le pays ? Qui s’est laissé désigner comme chef d’un exécutif en gestation, avant d’être contourné par ses propres parrains ?

Il n’a pas été choisi par le peuple. Il n’a pas été choisi par la souveraineté nationale. Il a été nommé. Et surtout : il a accepté. Fritz Alphonse Jean ne décrit donc pas un système. Il décrit sa trajectoire.

Une élite politique qui cherche un maître… et un maître qui cherche un signe

Nos politiciens n’aiment pas gouverner. Ils aiment être validés. Regardez l’histoire récente :

  • Toute nomination majeure passe par une consultation étrangère.
  • Toute crise interne se gère dans un salon climatisé d’ambassade.
  • Toute stratégie politique s’écrit selon la météo de Washington.

Mais il faut le dire avec la franchise que Fritz n’a pas eue : la classe politique ne subit pas l’ingérence internationale ; elle l’appelle. Elle en redemande. Elle la recherche comme un badge de respectabilité.

Et qui fut le champion de cette quête de caution internationale ? Encore lui. L’éternel technocrate, toujours prêt à devenir président… mais jamais élu, jamais adoubé par la rue, seulement par l’étranger. Quand il parle de “servitude volontaire”, il parle en expert. Il parle en pratiquant.

L’élite économique : les patrons qui ne se cachent plus

Fritz Alphonse Jean a voulu faire croire que les élites politiques se contentent d’obéir à l’international. Mais il oublie — volontairement — une vérité plus profonde : la communauté internationale, elle-même, n’est que la façade diplomatique d’intérêts économiques internes.

Car lorsqu’il a été proposé comme membre du CPT, ce n’est pas seulement l’international qui a applaudi. Les grands patrons aussi.
L’oligarchie. Les véritables propriétaires du pays. Ceux qui voient en chaque Premier ministre un gestionnaire. En chaque président un employé temporaire. En chaque technocrate un outil.

Alors quand Fritz parle des “boss ekonomik ki bay lòd”, il ne donne pas une information : il raconte le briefing auquel il a déjà assisté.

Le peuple : spectateur forcé d’une pièce écrite ailleurs

Tandis que les élites politiques mendient, que les élites économiques commandent, et que la communauté internationale orchestre, le peuple observe un spectacle dont il ne lit jamais les crédits.

Pendant qu’on nommait Fritz Alphonse Jean président sans urnes, le peuple mourait dans les quartiers. Pendant que les chancelleries validaient des CV, le peuple cherchait de l’eau, de la chaleur, un coin de sécurité. Pendant que les élites économiques négociaient leur confort, le peuple négociait sa survie.

La démocratie n’est plus une promesse. C’est une illusion.
Un dossier PDF envoyé aux bailleurs.

Quand l’aveu devient preuve

En politique, l’hypocrisie est une monnaie. Mais en Haïti, elle est devenue une profession. Quand Fritz Alphonse Jean affirme que nos politiciens sont des esclaves volontaires, il oublie d’ajouter : “nou tout — mwen an premye.” Car il a accepté le rôle. Il a joué le rôle. Il a bénéficié du rôle. Jusqu’à ce que ses parrains lui retirent la chaise qu’ils lui avaient tendue. Et maintenant qu’il s’en plaint, il faut le lui rappeler : On ne peut dénoncer la cage quand on en a accepté la clé.

Le pays ne manque pas de leaders — il manque de courage

Haïti n’est pas dirigée. Elle est administrée. Elle n’a pas de maîtres. Elle a trop de superviseurs.

Mais ce qui la tue vraiment, ce ne sont pas les influences étrangères ni les pressions économiques. C’est le consentement. Le “wi, m’ap fè l” prononcé trop vite. La servitude acceptée avant même d’être imposée. Et s’il y a un symbole moderne de cette servitude politique consentie, c’est bien celui qui l’a incarnée avant de la dénoncer : Fritz Alphonse Jean, président désigné de l’international, dépossédé par l’international, et maintenant critique de l’international. La boucle est parfaite. Le peuple, lui, continue d’attendre un leader qui ne dira jamais : « Ki lòt lòd nou pote pou mwen ? »

Mais un jour, peut-être :
“Haïti ap deside pou kont li.”

Reynoldson Mompoint

mompointreynoldson@gmail.com

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