Les partis politiques et le gâteau (pays) : Bouclier et Ignace Saint-Fleur, 2017-2025 — BMPAD mangé à la petite fourchette

Par Reynoldson Mompoint
Port-au-Prince, le 01 décembre 2025
Depuis Depuis 2017, une vérité nue traverse les gouvernements successifs comme une ombre entêtée : la République est devenue un gâteau posé au centre d’une table instable, et chaque parti politique s’avance, couteau en main, fourchette en poche, pour y couper sa part, parfois sa double part. Mais s’il y a un convive qui a particulièrement raffiné l’art de manger l’État « à la petite fourchette », c’est bien Bouclier, avec l’incontournable Ignace Saint-Fleur en chef de table du BMPAD.
Car il faut le dire sans fard : le BMPAD est devenu, sous ses différents directeurs, la confiserie la plus rentable de la République. Le pays agonise, la population s’effrite comme un pain rassis, mais les comptes du BMPAD — eux — gonflent, s’arrondissent, grossissent. Et sur ce trésor de guerre, Ignace Saint-Fleur a régné comme un sommelier qui ne sert que ses amis, ses parrains politiques, ses complices silencieux.
Bouclier : un parti politique ou un restaurant de luxe ?
Entre 2017 et 2025, Bouclier n’a pas été un parti politique. C’était un service traiteur qui louait la République à profit. Les nominations ? Des desserts. Les contrats ? Des apéritifs. Le budget ? Un menu VIP dont les plats disparaissaient toujours entre la bouche du pouvoir et l’estomac des dirigeants.
Ignace Saint-Fleur, dans cette scénographie, jouait le rôle du maître d’hôtel. À chaque gouvernement, il survit, se repositionne, se recycle. Toujours présent, jamais inquiété, parfois même célébré. Le pays tombe, mais lui reste debout.
BMPAD : la caverne des douceurs
Le Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement était censé — je dis bien censé — gérer avec transparence les fonds des programmes de coopération. Résultat : c’est devenu un orgue à billets où les mêmes partitions se rejouent :
Opacité chronique
Contrats passés comme des biscuits chauds
Fonds dilués entre les doigts d’un réseau politique bien structuré
Et cette capacité incroyable à ne jamais rendre de comptes, même quand les chiffres crient au scandale
Le BMPAD, dans sa version Ignace Saint-Fleur, n’est pas un bureau. C’est une pâtisserie qui travaille la nuit. Les gâteaux ne sortent jamais pour la population, mais les miettes restent dans les poches des « protégés ».
Le pays en ruines, mais le buffet continue
2017-2025 : pendant que la misère grimpe, que la diaspora désespère, que les familles fuient leurs quartiers sous les balles, une caste politique — celle de Bouclier, mais pas seulement — s’est installée autour du gâteau national.
On ne partage plus le pays, on le déguste. On ne gouverne plus, on sert. On ne dirige plus, on engloutit.
Et Ignace Saint-Fleur, silencieux, poli, mesuré, a simplement perfectionné cette tradition : manger l’État sans faire de bruit. Une stratégie très Bouclier — un parti qui porte bien son nom : se protéger, protéger les siens restant fidèles, protéger les privilèges.
2025 : la facture sur la table
Aujourd’hui, le pays n’a plus de table, plus de gâteau, plus d’assiettes. Les partis politiques ont tout emporté.
Mais la population, elle, reste debout. Elle demande :
— Qui a mangé ?
— Qui a servi ?
— Qui a profité ?
Et dans cette enquête collective, un nom revient, froid, précis, inévitable : Ignace Saint-Fleur, héritier d’un système où le BMPAD n’est pas une institution, mais une douceur d’État réservée aux convives du pouvoir.
Le gâteau est fini. Mais les comptes, eux, restent. Et un jour — un seul — le pays demandera remboursement.
Reynoldson Mompoint
mompointreynoldson@gmail.com

