Haïti : Claude Joseph apporte son soutien à Fritz Alphonse Jean et rejette toute ingérence étrangère

La réaction de Claude Joseph, responsable du parti politique EDE et ancien Premier ministre par intérim, vient renforcer le débat suscité par les restrictions de visa annoncées par l’ambassade américaine à l’encontre du conseiller-président Fritz Alphonse Jean. Dans une publication sur la réseaux sociaux, l’ex-chef du gouvernement a exprimé sa solidarité avec ce dernier tout en dénonçant ce qu’il considère comme une tentative d’ingérence dans les affaires internes d’Haïti.
Reconnaissant l’existence de profonds désaccords avec Fritz Alphonse Jean, notamment sur le plan intellectuel et politique, Claude Joseph affirme néanmoins que la situation actuelle dépasse le cadre des divergences personnelles. Il salue le courage du conseiller-président et estime inacceptable que des missions diplomatiques étrangères puissent, selon lui, exercer des pressions visant à influencer les décisions du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), en particulier sur la question du maintien ou du remplacement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
L’ancien Premier ministre par intérim soutient que la menace de sanctions contre des responsables haïtiens en raison de leurs positions politiques constitue une atteinte directe à la souveraineté nationale. Il affirme avoir lui-même exprimé son désaccord auprès du chargé d’affaires des États-Unis, contestant toute tentative d’imposer Alix Didier Fils-Aimé à la tête du gouvernement. Il dit avoir remis un document détaillant, selon lui, l’échec de la gestion de l’actuel chef du gouvernement.
Dans un ton ferme, Claude Joseph rejette toute soumission aux « diktats étrangers » et affirme que ni lui ni son parti politique, Engagement pour le Développement (EDE), ne se plieront à une quelconque pression extérieure. Il considère que la gouvernance actuelle, tant au niveau du Premier ministre que du CPT, a failli dans sa mission, appelant à un renouvellement complet de l’exécutif de transition.
Avec cette sortie, Claude Joseph rejoint une frange d’acteurs politiques qui réclament une rupture nette avec les pratiques perçues comme interventionnistes, tout en réaffirmant la nécessité d’une gouvernance fondée sur la volonté souveraine du peuple haïtien et la responsabilité des dirigeants.
Constant Haïti

