Opinion

Laurent Saint-Cyr, oiseau même plume, même plumage que quiconque des trois conseillers du scandale de la BNC

Port-au-Prince, le 10 octobre 2025

Par Reynoldson Mompoint

Le décor est planté, le théâtre politique continue sa comédie. Dans le rôle du nouveau visage du vieux système : Laurent Saint-Cyr. Un nom qui sonnait, jadis, comme celui d’un technocrate respectable, mais qui aujourd’hui résonne dans les couloirs de la Banque Nationale de Crédit (BNC) avec l’écho trouble des scandales mal essuyés. Ce monsieur, qu’on nous avait vendu comme un souffle neuf, n’est en vérité qu’un oiseau d’une même plume, d’un même plumage que ceux qui l’ont précédé dans la danse des compromissions et des complicités.

On pensait voir venir un gestionnaire au-dessus des magouilles. On découvre un acteur prudent, tapi dans la coulisse des affaires, qui joue du silence comme d’un art. Mais dans le grand vacarme de la corruption, le silence est souvent le plus coupable des sons.

À chaque fois que la BNC tousse, c’est tout l’État haïtien qui crache des soupçons. Les trois conseillers du scandale avaient leurs noms, leurs parts, leurs réseaux. Aujourd’hui, Saint-Cyr s’avance, non pas pour assainir, mais pour entretenir cette architecture de duplicité qui transforme la finance publique en finance privée.

Les chiffres se maquillent, les faveurs circulent, les rapports se taisent. Pendant ce temps, le peuple compte ses centimes et observe cette aristocratie d’affaires qui s’enrichit sous le couvert de la “stabilité économique”. Quelle stabilité, sinon celle des mêmes visages sur des sièges différents ? Quelle modernité, sinon celle du mensonge bien dit et de la faute bien justifiée ?

Laurent Saint-Cyr n’est ni pire ni meilleur : il est semblable. Même discours policé, même arrogance de façade, même neutralité complice. Son costume sent la naphtaline de la continuité. Et sous ce costume, on devine le même corps du système, cette bête à mille têtes qui dévore tout ce qui pourrait ressembler à une réforme.

La BNC n’est plus une banque d’État ; elle est devenue le coffre-fort des arrangements politiques. Et celui qui la garde, s’il n’est pas voleur, en devient le témoin muet, ce qui, en Haïti, vaut souvent complicité.

Saint-Cyr : oiseau du même nid, nourri aux mêmes miettes du pouvoir, formé à la même école du silence doré. Et quand il s’envolera, comme les autres, il laissera derrière lui non pas des plumes, mais des traces de poussière sur la crédibilité nationale.

Reynoldson Mompoint

mompointreynoldson@gmail.com

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