Fin du programme Biden : Vers le retour forcé des Haïtiens

Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) des États-Unis a annoncé la fin du programme de séjour conditionnel, connu sous le nom de « Programme Biden ». Mis en place pour offrir une protection temporaire à certains migrants, ce dispositif permettait à des ressortissants de Cuba, d’Haïti, du Nicaragua et du Venezuela de résider et de travailler légalement sur le sol américain pendant deux ans. Depuis son lancement, environ 530 000 personnes en ont bénéficié : 110 000 Cubains, 210 000 Haïtiens, 93 000 Nicaraguayens et 117 000 Vénézuéliens.
Dans un avis officiel, le DHS justifie cette décision en affirmant que le programme « ne constitue plus un avantage significatif pour le public américain » et serait désormais en décalage avec les priorités de la politique étrangère de l’administration actuelle, dirigée par le président Trump. La publication de cet avis est attendue pour le 25 mars 2025 dans le Federal Register, rendant ainsi la décision formelle.
À compter de la date de publication, les bénéficiaires auront un délai de 30 jours pour quitter le territoire américain, sauf si le Secrétaire à la Sécurité intérieure décide d’une dérogation. Cette mesure concerne les personnes dont le permis de séjour temporaire n’est pas encore expiré et qui ne bénéficient d’aucune autre protection légale, telle qu’une demande d’asile en cours.
L’avis précise également que les autorisations de travail accordées dans le cadre de ce programme seront annulées à l’issue de ce délai. Les bénéficiaires devront ainsi cesser toute activité professionnelle légale. Passé ce délai de 30 jours, toute personne toujours présente sur le sol américain en vertu du programme « Humanitarian Parole » sera considérée comme prioritaire pour une procédure d’expulsion.
Cette décision suscite déjà de nombreuses réactions, notamment au sein des communautés concernées, inquiètes de l’avenir incertain qui les attend après cette révocation soudaine.

