Trois Conseillers sur le départ, le CPT en ébullition
Le Conseil présidentiel au bord de l'explosion, des pressions internes et externes poussent vers la sortie, les trois Conseillers impliqués dans l'affaire BNC

Les tensions au sein du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) ne cessent de s’intensifier. Les trois Conseillers Smith Augustin, Emmanuel Vertilaire, et Louis Gérald Gilles, sont sur le point d’être évincés. Mercredi matin, la décision de l’accord du 21 Décembre de se séparer de Gilles a été actée lors d’une rencontre entre une délégation de 21 Décembre et des représentants de la CARICOM. Cette décision s’inscrit dans une série de remaniements visant à remplacer les conseillers impliqués dans des scandales, notamment celui lié à la Banque Nationale de Crédit (BNC).
Le mouvement politique 21 Décembre, en se ralliant à cette décision, suit ainsi l’exemple de l’équipe de EDE, qui a déjà pris des mesures pour remplacer Smith Augustin. Claude Joseph, leader de EDE, a rencontré la CARICOM et aurait accepté de retirer Smith Augustin sous la pression de cette dernière. Après avoir informé Augustin que la CARICOM exigeait son retrait, ce dernier a refusé de démissionner, affirmant vouloir défendre son honneur. Il a même déjà témoigné devant l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), renforçant ainsi sa détermination à ne pas quitter son poste sans se battre.
Pression américaine
Les tensions ne se limitent pas à EDE et 21 Décembre. Le parti Pitit Dessalines, dirigé par l’ancien sénateur du nord Moïse Jean-Charles, fait lui aussi face à des pressions. Emmanuel Vertilaire, représentant du parti au sein du Conseil Présidentiel de Transition (CPT, est dans la ligne de mire de la CARICOM. Claude Joseph aurait personnellement rencontré Moïse Jean-Charles pour lui demander de retirer Vertilaire, mais ce dernier a catégoriquement refusé. Selon des sources proches de Pitit Dessalines, le parti ne compte pas se séparer de Vertilaire, malgré les sollicitations.
La situation est d’autant plus tendue que la demande de la CARICOM est en réalité perçue comme une exécution de la volonté du gouvernement américain. En effet, Antony Blinken, secrétaire d’État des États-Unis, est arrivé à Port-au-Prince ce jeudi 5 septembre, et l’un des dossiers à évoquer est ce scandale de corruption qui a épinglé trois Conseillers-Présidents. Sa présence sur le sol haïtien renforce les suspicions d’ingérence américaine dans les affaires internes du pays, en particulier dans le processus de choix ou de remplacement de des dirigeants Haïtien.
Une coalition fragilisée
Le départ de ces trois conseillers, exigé par la CARICOM et les États-Unis, pourrait bien fragiliser la coalition formée au sein du CPT. Les mouvements Compromis historique et RED, qui soutiennent Smith Augustin, dénoncent une tentative de prise de pouvoir par Claude Joseph, qu’ils accusent de vouloir placer un proche à la place d’Augustin. Ils rappellent que les règles démocratiques doivent être respectées, et qu’aucun des groupes formant la coalition ne devrait pouvoir décider unilatéralement du remplacement d’un conseiller.
De leur côté, 21 Décembre et Pitit Dessalines se retrouvent dans une position délicate, confrontés à des choix qui pourraient redéfinir l’équilibre du pouvoir au sein du CPT. Si 21 Décembre a accepté de se séparer de Gilles, Pitit Dessalines reste ferme quant au maintien de Vertilaire.

