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7 février : le CPT pour le renvoi du PM — Alix Didier Fils-Aimé recourt à leurs boss, Fritz Alphonse Jean menacé par le Canada, puni par les USA

Par Reynoldson Mompoint

Port-au-Prince, le 26 novembre 2025

Il y a des dates qui, dans les couloirs de la République, sonnent comme des coups de canon. Le 7 février en fait partie. Dans un pays où l’alternance ressemble à un vieux mythe qu’on ressort pour la parade, cette date agit comme un ultimatum moral — ou ce qu’il en reste. Cette année encore, elle jette une lumière crue sur un théâtre politique devenu caricature d’un État absent et d’acteurs en furie.

Au cœur du chaos institutionnel : le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), cette invention de crise censée stabiliser le pays, mais qui s’est transformée en arène de gladiateurs institutionnels. Et dans l’arène, une obsession : renvoyer le Premier ministre. Parce qu’en Haïti, on ne construit pas un État ; on déplace des chaises, on renverse, on remplace, on menace, on complote — et on recommence.

Écorché par des rivalités internes, contesté par ses pairs du CPT qui le voient comme un électron trop libre, Alix Didier Fils-Aimé choisit un vieux réflexe haïtien : appeler Washington et Ottawa comme des arbitres d’un match qu’il a lui-même contribué à rendre ingérable.

Dans un pays qui peine à tenir debout sans béquilles diplomatiques, cette démarche n’a rien de surprenant. C’est presque devenu une méthode de gouvernance : quand la table chauffe, on sonne le maître. Fils-Aimé l’a fait avec une élégance maladroite, comme un écolier qui court vers le directeur pour dénoncer ses camarades turbulents.

Le coup de fil met la République en Flamme.

Fritz Alphonse Jean : menaces canadiennes, punition américaine

Face à lui, Fritz Alphonse Jean, l’économiste élégant devenu pivot politique malgré lui, se retrouve sous pression de ses propres « patrons » du Nord. Les Canadiens le menacent, les Américains le sanctionnent en silence, comme pour rappeler que l’ingérence n’est pas qu’un mot : c’est une méthode.

Le message est clair :
“Reste dans la ligne ou nous te coupons les ailes.”

Le Canada lui reproche ses manœuvres internes, trop visibles, trop assumées. Les États-Unis lui infligent la punition que Washington réserve aux têtes qui dépassent : distance, froideur, marginalisation diplomatique. Quand l’Oncle Sam se tait, c’est qu’il prépare la prochaine gifle.

Le CPT : un Conseil ou une poudrière ?

Pendant ce temps, le CPT joue la comédie du pouvoir. Chacun y défend son petit royaume, sa parcelle d’influence, sa promesse faite à une ambassade ou sa loyauté envers un financier de l’ombre. L’institution n’a de collégiale que le nom : c’est un casse-tête de sept ambitions personnelles, chacune prête à exploser au visage du pays.

Le renvoi du Premier ministre n’est pas une stratégie nationale. C’est une querelle de coqs, avec un pays en ruine comme décor. Un caprice institutionnel dont la population n’est que l’otage silencieuse.

Une transition prise en otage par ses propres acteurs

Au lieu d’aplanir les tensions, le CPT les aggrave. Au lieu de construire une route vers des élections crédibles, il se perd dans des intrigues de bas-étage. Au lieu de gouverner, il calcule.

On ne sait même plus qui dirige quoi :
– Les politiciens ?
– Les ambassadeurs ?
– Les marchands ?
– Les parrains internationaux ?
– Ou les ego incontrôlés de ceux qui prétendent sauver la nation ?

Le peuple, lui, compte les balles, les morts, les routes coupées, les prix délirants.
Le CPT, lui, compte les soutiens étrangers, les communiqués diplomatiques et les alliances du soir.

7 février approche : dernière alarme d’un système qui s’effondre

Le 7 février ne sera pas un rendez-vous démocratique. Ce sera un miroir, impitoyable, d’une classe dirigeante incapable de rompre avec ses vieux démons.

Un CPT qui menace, un PM fragilisé, un Alix Didier Fils-Aimé qui se plaint aux puissants, un Fritz Alphonse Jean qui se fait taper sur les doigts par ses parrains… Voilà où en est la République.

La transition s’étouffe elle-même. La politique haïtienne continue sa danse macabre. Et le peuple, encore une fois, regarde la scène… sans espoir, mais pas sans lucidité.

Voilà la vérité crue que personne ne veut entendre :
En Haïti, ce n’est pas le 7 février qui dérange. Ce sont les hommes qui refusent de devenir grands.

Reynoldson Mompoint

mompointreynoldson@gmail.com

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